Fruits Rouges

Frédéric LORDON et Bernard FRIOT : « Conquérir la souveraineté populaire, sur la valeur et sur la monnaie »

« Conquérir la

souveraineté populaire,livre_affiche_390

sur la valeur et sur la

monnaie »

a43c10752eb10c325a29b9cd64fa5503a2e81973Rencontre entre

Frédéric LORDON

et Bernard FRIOT

chez Tropiques, avec Réseau Salariat, les Ateliers Populaires de la Connaissance et Télé14, pour débattre de leurs propositons politiques et économiques :

Vers l’ébauche d’une théorie politique sociale et économique d’émancipation, de progrès social, bref de gauche, à produire et faire renaître sur les ruines fumantes de la sociétale démocratie libérale ?

Une première vidéo, sur les 90 minutes initiales :

Deuxième partie (38 mn) :

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A PROPOS D’INTERNATIONALISME

cropped-fruits-rouges.jpgExtrait de la lettre de notre bord du 01/06/14. Retrouver la dans son intégralité sur le site Culture et révolution

Une fois de plus, c’est encore le même parti qui vient de remporter les élections haut la main : le MEDEF, le parti du grand patronat. Ce parti gagne toutes les élections sans même avoir à présenter de candidats. Il lui suffit de financer certains partis et de mettre en ordre de marche les médias qu’il possède et contrôle, et l’affaire est dans le sac. Il lui suffit de compter sur le fait que nombre de citoyens ont intériorisé et ne contestent pas les éléments fondamentaux sur lesquels reposent le capitalisme (la marchandise, le travail, le capital, l’Etat, etc.) pour qu’aucune menace, aucun désagrément ne puisse survenir pour les intérêts des classes dominantes.

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Souveraineté et ordre démocratique par Jacques Sapir

L’accaparement du sur-produit social par la classe exploiteuse est bien le premier problème que notre époque doit résoudre, si c’est encore possible.

Mais dés lors le sur-produit social devenu produit social n’est pas une richesse que l’on peut se contenter de répartir entre tous à la manière du communisme primitif des chasseurs-ceuilleurs, sauf à renoncer à en faire un produit civilisationnel.

La société sans la classe exploiteuse reste une société hétérogène, conflictuelle, ou les « positions » divergent et tendent à rétablir un ordre ancien.

La prophétie d’une société « sans classes » est un redoutable raccourci qui peut en égarer plus d’un. Les classes fondamentales décrites par Marx ne peuvent masquer de profondes inégalités sociales qui pèseront sur la « dispute » concernant la répartition, l’attribution et l’éventuel accaparement du produit social.

Essayons de nous souvenir que Marx était démocrate et non républicain comme le furent l’essentiel des mouvement socialistes européens qui se battirent pour la « sociale », c’est à dire pour un état républicain « authentique ».

L’article de Jacques Sapir que nous reproduisont ici est une intéressante contribution à ce que pourrait être un ordre démocratique à qui serait dévolu la tâche complexe  du « Que faire du produit social ? ».

S’il n’a pas cette prérogative nous pensons pour notre part qu’un ordre démocratique est soit impossible soit un leurre.

Fruits rouges

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Souveraineté et ordre démocratique

par Jacques Sapir

 

La question de la légalité et de la légitimité est directement posée aujourd’hui par le comportement des institutions de l’Union européenne. Ces dernières ont pris le parti de ne considérer que la légalité et de l’établir comme l’unique principe de fonctionnement de l’UE. Mais, elle est aussi à l’ordre du jour en raison de l’irruption du Constitutionnalisme économique, qui était jusqu’à ces dernières années un sujet pour spécialistes mais qui est devenu désormais, à travers la crise de la dette dans de nombreux pays, un objet politique en débat. Le développement d’instances de décision économiques (comme la Banque Centrale Européenne mais aussi la Commission) qui sont déconnectées de tout contrôle démocratique a suscité de nombreuses oppositions. En réponse s’est développée l’idée aujourd’hui répandue qu’un « gouvernement par les règles » pourrait se substituer à un gouvernement du peuple (comme dans la construction européenne), idée qui trouve son expression dans la notion de « démocratie sans démos »[1]. En fait ce sont des exemples de l’entrée du constitutionnalisme économique dans notre vie[2]. La notion de Constitution économique plonge ses racines dans la pensée tardive de F.A. Hayek. La conception qu’avait F.A. Hayek des règles, et dont l’influence tant directe qu’indirecte sur de nombreux auteurs a été importante, justifie son adhésion au constitutionalisme économique. Cette conception a été souvent reprise par des courants économiques qui se fondent en réalité sur des hypothèses fort différentes. Il est ainsi piquant, et assez drole, de voir des économistes néoclassiques se réclamer désormais du constitutionnalisme économique, eux qui, par construction, réfutent le rôle des règles car ils ne croient qu’à la maximisation des choix individuels et rejettent par là même le principe de l’incertitude. On retrouve bien entendu l’importance de la notion de Constitution économique dans l’école américaine du Public Choice[3], mais aussi dans différents mouvements politiques comme le Tea Party. Lire la Suite

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A lire : Figures de la révolution africaine par Saïd BOUAMAMA

Figures de la révolution africaine 

De Kenyatta à Sankara

par Saïd BOUAMAMA

A noter que ce livre qui vient combler un vide important existe aussi sous forme  de lyber, c’est-à-dire qu’il est entièrement consultable en ligne sur le  site de Zones.

9782355220753Jomo Kenyatta, Aimé Césaire, Ruben Um Nyobè, Frantz Fanon, Patrice Lumumba, Kwame Nkrumah, Malcolm X, Mehdi Ben Barka, Amílcar Cabral, Thomas Sankara… Longtemps regardés avec dédain par ceux qui, depuis les années 1980, décrétèrent la mort du tiers-mondisme et le triomphe du néolibéralisme, ces noms reviennent à l’ordre du jour. Avec l’atmosphère de révolte que l’on sent monter aux quatre coins du monde, ces figures majeures de la libération africaine suscitent un intérêt croissant auprès des nouvelles générations.
Refusant d’en faire de simples icônes, Saïd Bouamama redonne corps et chair à ces penseurs de premier plan qui furent aussi des hommes d’action. Leurs vies rappellent en effet que la bataille pour la libération, la justice et l’égalité n’est pas qu’une affaire de concepts et de théories : c’est aussi une guerre, où l’on se fourvoie parfois et dans laquelle certains se sacrifient. S’il ne cache pas son admiration pour ces figures rebelles, dont la plupart moururent effectivement au combat, Saïd Bouamama n’en fait pas des martyrs absolus : la pensée en action est toujours située, incertaine, inachevée.
C’est pourquoi ce livre s’attache, avec beaucoup de pédagogie, à inscrire ces parcours dans leurs contextes sociaux, géographiques et historiques. On comprend mieux dès lors comment ces hommes, qui ne vécurent pas tous sur le continent africain, mais furent tous confrontés à l’acharnement des puissances impériales, cherchèrent les armes pour sortir l’Afrique de la nuit coloniale et faire émerger une nouvelle universalité.
À l’heure où l’on se demande comment avoir prise sur le monde, ce portrait politique collectif rappelle qu’il a toujours été possible, hier comme aujourd’hui, de changer le cours des choses.

Collection : Hors Collection ZONES
Parution : février 2014
Prix : 23 €
ISBN : 9782355220371
Dimensions : 140 * 205 mm
Nb de pages : 300

Saïd Bouamama est sociologue et militant associatif. Engagé professionnellement et personnellement dans les luttes d’émancipation dans toutes leurs dimensions, il est notamment l’auteur de Les Discriminations racistes : une arme de division massive(L’Harmattan, 2010) et La France. Autopsie d’un mythe national (Larousse, 2008). Avec le Collectif Manouchian dont il est un des animateurs, il a établi un Dictionnaire des dominations de sexe, de race, de classe (Syllepse, 2012).

 

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A lire : un extrait de « La Révolution fut une belle aventure » de Paul Mattick

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Paul Mattick, 

La Révolution fut une belle aventure

(Des rues de Berlin en révolte aux mouvements radicaux américains 1918-1934),

L’échappée,

coll. « Dans le feu de l’action »,

2013, 192 p., 17 €.

Né à Berlin en 1904, le jeune ouvrier berlinois Paul Mattick adhère à 14 ans à la Frei Sozialistiche Jugend – une organisation à gauche de la social-démocratie – et encore adolescent participe avec enthousiasme aux tentatives révolutionnaires qui suivent la fin de la Première Guerre mondiale dans les rangs du KAPD – un parti communiste conseilliste non inféodé à Moscou – échappant de peu à la mort à plusieurs reprises. Il vit alors au jour le jour et participe aux cercles d’avant-gardes artistiques et littéraires qui fleurissent durant cette période.

Avec le reflux, il décide de tenter sa chance aux États-Unis en 1926 où il s’établira jusqu’à sa mort en 1981. Là aussi ouvrier d’usine, il adhère au syndicat révolutionnaire IWW et s’engage dans le puissant mouvement des chômeurs qui suit la crise de 1929. Celui-ci s’organise sous la forme de conseils : ce sera, dit-il, « la plus belle période de ma vie » (lire l’extrait ci-dessous). Avec le New Deal, la révolution n’est plus à l’ordre du jour et Mattick se consacre à des travaux théoriques afin de démontrer, à l’encontre de Keynes et à la suite de Marx, que ce dernier a découvert « la contradiction interne au système de production capitaliste » qui « porte en lui le germe de sa désintégration ».

Ce témoignage exceptionnel, servi par une belle édition, éclaire un courant politique méconnu qui participa aux luttes pour changer le monde par en bas au profit du plus grand nombre.

(merci à Charles Jacquier pour l’introduction et l’extrait)

Le mouvement des chômeurs

La dernière grande grève menée par les IWW s’est déroulée en 1927 dans le Colorado.1 Ils comptaient à ce moment-là 20 000 membres, dont 500 à Chicago.Ce fut un échec qui amorça le déclin de l’organisation. Par la suite, l’activité des wobblies s’est effondrée, surtout dans les grandes villes. Lire la Suite

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