Fruits Rouges

Chine 2012 par Samir Amin

Chine 2012

par Samir Amin

Chine 2012

Les débats concernant le présent et l’avenir de la Chine — puissance  «émergente » — me laissent toujours sceptique [1]. Les uns considèrent que la Chine a définitivement opté pour la « voie capitaliste » et envisage même d’accélérer son insertion dans la globalisation capitaliste contemporaine. Ils s’en félicitent et souhaitent seulement que ce « retour à la normale » (le capitalisme étant la « fin de l’histoire ») s’accompagne d’une évolution démocratique sur le mode occidental (pluripartisme, élections, droits de l’homme). Ceux-là croient — ou doivent croire — à la possibilité pour la Chine de « rattraper » par ce moyen (en termes de revenu par tête), fût-ce progressivement, les sociétés opulentes de l’Occident — ce que je ne crois pas possible. La droite chinoise partage ces points de vue. D’autres le déplorent au nom des valeurs du « socialisme trahi ». Certains s’associent aux formulations dominantes en Occident des champions du China bashing [2]. Les autres — les pouvoirs en place à Beijing — qualifient la voie choisie de « socialisme aux couleurs de la Chine », sans plus de précision. Mais on peut découvrir ces spécificités en lisant attentivement les textes officiels, en particulier les plans quinquennaux, précis et pris au sérieux.En fait la question — la Chine est-elle capitaliste ou socialiste ? — est mal posée, trop générale et abstraite pour que la réponse dans les termes de cette alternative absolue fasse sens. Car la Chine est effectivement engagée sur une voie originale depuis 1950 et peut être même depuis la révolution des Taiping au 19e siècle. Je tenterai donc ici de préciser le contenu de cette voie originale à chacune des étapes de son déploiement de 1950 à aujourd’hui (2012). Lire la Suite

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Banques – Peuples : les dessous d’un match truqué ! (3ème partie) par Eric Toussaint

Nous publions ici la 3ème partie de la série Banques – Peuples : les dessous d’un match truqué ! publiée le 23 décembre 2012 par Eric Toussaint du Cadtm sous le titre : « La plus grande offensive contre les droits sociaux menée depuis la seconde guerre mondiale à l’échelle européenne ».

La première partie de la série, intitulée « 2007-2012 : 6 années qui ébranlèrent les banques » a été publiée le 20 novembre 2012, la seconde partie intitulée « La BCE et la Fed au service des grandes banques privées » a été publiée le 29 novembre 2012

 

La plus grande offensive contre les droits sociaux menée depuis la seconde guerre mondiale à l’échelle européenne

3ème partie publiée le 23 décembre 2012

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Socialisme et psychologie par Victor Serge (1947)

Victor SERGE

SOCIALISME ET PSYCHOLOGIE

Les transformations sociales commencées au début du xxe siècle dépassent de beaucoup en ampleur et en complexité la révolution que les penseurs socialistes du XIXe siècle annonçaient. D’une part, la technologie a atteint une puissance inconcevable il y a cent ou cinquante ans. De l’autre, les sciences se sont développées dans une proportion qui fait paraître ingénues les grandes synthèses du siècle passé. Ceci concerne notamment la connaissance de l’homme. L’œuvre des créateurs de la psychologie moderne, Wündt, Breuer, William James, Freud, Pavlov, Jung, Alfred Adler, Koehler, commence à peine au temps où meurt Marx ; et elle commence à peine, de nos jours, à influencer assez largement la vie sociale : l’Armée Rouge fut la première, en 1918-1920, à donner à ses combattants une éducation idéologique ; l’armée américaine fut tout récemment la première à soumettre ses recrues à un examen psychologique.

Marx n’entendait certes pas ignorer la complexité des mobiles humains, comme tant de ses continuateurs l’ont fait après lui.
« Les hommes, écrivait-il, font leur propre histoire, ils ne la font pas librement… mais dans des conditions directement données, léguées par la tradition. La tradition des générations mortes pèse comme un cauchemar sur le cerveau des vivants. » (Dix-huit Brumaire.) Lire la Suite

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Pour un renouvellement du socialisme par Victor Serge (1946)

Victor SERGE

POUR UN RENOUVELLEMENT

DU SOCIALISME

De même que, vers 1848, Marx et Engels pouvaient affirmer avec raison que l’économie capitaliste s’imposerait au monde entier en faisant naître ses propres fossoyeurs, nous voyons aujourd’hui les économies capitalistes de la « libre entreprise » rapidement acheminées vers des systèmes dirigés et planifiés, foncièrement collectivistes dès lors, même s’ils gardent un caractère mixte en laissant à la propriété privée des moyens de production une fonction plus ou moins étendue, plus ou moins symbolique. Nous découvrons en même temps que le collectivisme n’est pas comme on fut tenté de l’admettre, synonyme de socialisme, et peut même revêtir des formes antisocialistes d’exploitation du travail et de mépris de l’homme. Nous constatons que les problèmes de l’organisation rationnelle de la production, de la sécurité et de la liberté de l’homme, posés par le mouvement socialiste sont partout mis à l’ordre du jour en termes inéluctables par les événements mêmes ; . et nous voyons au même moment l’extrême faiblesse des mouvements qui préconisent le collectivisme socialiste, répondant ainsi à la fois au développement de l’économie et aux aspirations confuses de grandes masses lésées par l’état de choses actuel. Lire la Suite

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