Fruits Rouges

A PROPOS D’INTERNATIONALISME

cropped-fruits-rouges.jpgExtrait de la lettre de notre bord du 01/06/14. Retrouver la dans son intégralité sur le site Culture et révolution

Une fois de plus, c’est encore le même parti qui vient de remporter les élections haut la main : le MEDEF, le parti du grand patronat. Ce parti gagne toutes les élections sans même avoir à présenter de candidats. Il lui suffit de financer certains partis et de mettre en ordre de marche les médias qu’il possède et contrôle, et l’affaire est dans le sac. Il lui suffit de compter sur le fait que nombre de citoyens ont intériorisé et ne contestent pas les éléments fondamentaux sur lesquels reposent le capitalisme (la marchandise, le travail, le capital, l’Etat, etc.) pour qu’aucune menace, aucun désagrément ne puisse survenir pour les intérêts des classes dominantes.

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Souveraineté et ordre démocratique par Jacques Sapir

L’accaparement du sur-produit social par la classe exploiteuse est bien le premier problème que notre époque doit résoudre, si c’est encore possible.

Mais dés lors le sur-produit social devenu produit social n’est pas une richesse que l’on peut se contenter de répartir entre tous à la manière du communisme primitif des chasseurs-ceuilleurs, sauf à renoncer à en faire un produit civilisationnel.

La société sans la classe exploiteuse reste une société hétérogène, conflictuelle, ou les « positions » divergent et tendent à rétablir un ordre ancien.

La prophétie d’une société « sans classes » est un redoutable raccourci qui peut en égarer plus d’un. Les classes fondamentales décrites par Marx ne peuvent masquer de profondes inégalités sociales qui pèseront sur la « dispute » concernant la répartition, l’attribution et l’éventuel accaparement du produit social.

Essayons de nous souvenir que Marx était démocrate et non républicain comme le furent l’essentiel des mouvement socialistes européens qui se battirent pour la « sociale », c’est à dire pour un état républicain « authentique ».

L’article de Jacques Sapir que nous reproduisont ici est une intéressante contribution à ce que pourrait être un ordre démocratique à qui serait dévolu la tâche complexe  du « Que faire du produit social ? ».

S’il n’a pas cette prérogative nous pensons pour notre part qu’un ordre démocratique est soit impossible soit un leurre.

Fruits rouges

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Souveraineté et ordre démocratique

par Jacques Sapir

 

La question de la légalité et de la légitimité est directement posée aujourd’hui par le comportement des institutions de l’Union européenne. Ces dernières ont pris le parti de ne considérer que la légalité et de l’établir comme l’unique principe de fonctionnement de l’UE. Mais, elle est aussi à l’ordre du jour en raison de l’irruption du Constitutionnalisme économique, qui était jusqu’à ces dernières années un sujet pour spécialistes mais qui est devenu désormais, à travers la crise de la dette dans de nombreux pays, un objet politique en débat. Le développement d’instances de décision économiques (comme la Banque Centrale Européenne mais aussi la Commission) qui sont déconnectées de tout contrôle démocratique a suscité de nombreuses oppositions. En réponse s’est développée l’idée aujourd’hui répandue qu’un « gouvernement par les règles » pourrait se substituer à un gouvernement du peuple (comme dans la construction européenne), idée qui trouve son expression dans la notion de « démocratie sans démos »[1]. En fait ce sont des exemples de l’entrée du constitutionnalisme économique dans notre vie[2]. La notion de Constitution économique plonge ses racines dans la pensée tardive de F.A. Hayek. La conception qu’avait F.A. Hayek des règles, et dont l’influence tant directe qu’indirecte sur de nombreux auteurs a été importante, justifie son adhésion au constitutionalisme économique. Cette conception a été souvent reprise par des courants économiques qui se fondent en réalité sur des hypothèses fort différentes. Il est ainsi piquant, et assez drole, de voir des économistes néoclassiques se réclamer désormais du constitutionnalisme économique, eux qui, par construction, réfutent le rôle des règles car ils ne croient qu’à la maximisation des choix individuels et rejettent par là même le principe de l’incertitude. On retrouve bien entendu l’importance de la notion de Constitution économique dans l’école américaine du Public Choice[3], mais aussi dans différents mouvements politiques comme le Tea Party. Lire la Suite

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La guerre civile froide ? par Jacques Sapir

La guerre civile froide ?

par Jacques Sapir

431288_10200400123185838_1277264849_sLes dernières péripéties, pour ne pas dire les galipettes, de François Hollande ont eu tendance à masquer un instant le sérieux de la situation dans le pays en ce début d’année. Il est vrai que notre Président casqué se rendant à la nuit dans le lit de sa blonde rejoue, mais sur le mode dérisoire et un peu ridicule, les grands mythes de l’Antiquité. Le fait que ce lit soit dans un appartement d’une personne liée au gang de la Brise de Mer ajoute ici ce qu’il faut de sordide à la parodie. L’important n’est cependant pas là ; mais l’important existe bien.

On peut se demander si, en France, nous ne vivons pas actuellement les prémices d’une guerre civile. Cette question, en apparence absurde, mérite cependant d’être posée à la vue des événements que l’on a connus ces dernières années. Dans une note datant de l’automne 2012, j’évoquais la possibilité de la crise de légitimité du pouvoir. Nous y sommes désormais. L’année 2014 risque fort d’être marquée par une accumulation de mouvement sociaux dont la convergence mettrait directement en cause le pouvoir. Or, la crise de légitimité a ceci de particulier qu’elle pose directement la question non pas de la politique suivie, que l’on peut en fonction de ces opinions considérer comme bonne ou mauvaise, mais du fait que le pouvoir soit habilité à mener une politique. C’est pourquoi il faut s’attendre à ce que la contestation du pouvoir puisse prendre un tour violent dans le cours de cette année. Lire la Suite

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Connaissez-vous Lefrançais ? par Daniel Bensaïd

Connaissez-vous Lefrançais ?

par Daniel Bensaïd

souvenirs_0Gustave Lefrançais

Souvenirs d’un

révolutionnaire

De juin 1848 à la Commune

Paris, La Fabrique, 2013,

506 pages

(avec une préface de Daniel Bensaïd).

Le texte de Daniel Bensaïd qui suit est paru en tant que préface de Souvenirs d’un révolutionnaire. Il y présente Gustave Lefrançais, premier président élu de la Commune de Paris, en mars 1871.  Lire la Suite

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Eltsine et Poutine : deux incarnations d’un même système par Stephen Holmes

Eltsine et Poutine :

deux incarnations d’un même système

par Stephen Holmes

auton17362-edd14L’alternative autoritarisme ou démocratie est-elle un bon crible pour comprendre la réalité politique russe ? Stephen Holmes démontre que la Russie de Vladimir Poutine ressemble plus à celle de Boris Eltsine que les fidèles de l’un ou de l’autre ne le prétendent et explique la fonction politique des élections sans choix dans la Russie d’aujourd’hui.

Les racines du poutinisme résident dans l’eltsinisme. Poutine lui-même est un produit du passé : c’est non seulement un produit du KGB mais aussi du régime d’Eltsine. Loin d’être le « premier dirigeant démocratiquement élu en mille ans d’histoire de la Russie », comme l’ont annoncé triomphalement les journaux après sa première élection, c’est en réalité quelqu’un à qui le pouvoir a été apporté sur un plateau, après le triomphe d’un clan d’initiés du Kremlin sur un autre. Poutine n’a pas seulement gouverné grâce à l’appui des services de renseignement et de louches milieux d’affaires mais aussi, de 2000 à 2008, sur la base de la Constitution « hyperprésidentielle » de 1993. Lire la Suite

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