Fruits Rouges

Mali : ingérence humanitaire ou nouveau Sahelistan ?

Mali : ingérence humanitaire

ou nouveau Sahelistan ? 

Par Ali El Hadj Tahar

Nous avons réunis ici la série de 16 articles publiés par Le Soir d’Algérie et reproduits par Mondialisation.ca .
Nos lecteurs pourront s’amuser à dénicher quelques erreurs mineures ou constater que Mr Ali El Hadj Tahar considère comme établi ce qui n’est pour le moment que des hypothèses fortes. Tel qu’il est ce texte est une sources précieuse d’informations et nous en recommandons la (longue) lecture à tous. (Fruits rouges)

Des plans asphyxiants du FMI aux hordes barbares

(1ère partie)

 

La crise malienne est-elle en train d’être réglée ou bien va-t-elle perdurer ? Quelles sont ses origines ? Quels sont les acteurs de l’ombre et à qui obéissent les prétendus groupes «islamistes » et «séparatistes» qui s’apparentent beaucoup plus à des mercenaires qu’à des rebelles de conviction et de principes, aussi faux et archaïques soient-ils ? Pourquoi l’Azawad est un mensonge, une mystification et surtout une construction coloniale ? Comment a fonctionné le scénario qui a permis à ces mercenaires de s’installer au Mali ? Avec quels moyens et soutiens ? Pourquoi le Mali ne pouvait pas se défendre ? Comment il en a été empêché avant et après un mystérieux coup d’Etat ? Dans ce conflit, l’Algérie a-t-elle été à la hauteur pour défendre ses intérêts et sa profondeur stratégique ? Un Sahelistan est-il possible et quels ingrédients lui faut-il ? Lorsque le terrorisme est utilisé comme outil de politique étrangère par des Etats, cela s’appelle guerre par procuration. Cette guerre a aussi été livrée à l’Algérie, sur le sol algérien, à In Aménas… Des réponses et des tentatives d’approche sur une crise face à laquelle l’Algérie ne peut se contenter de fermer ses frontières pour se croire à l’abri. Lire la Suite

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Mali : l’irealpolitik des Entités-bâtardes* africaines.

Mali : l’irealpolitik des Entités-bâtardes* africaines.

par Ahouansou Séyivé

 

*Les Entités-bâtardes découlent du découpage colonial.
Présentant formellement les caractéristiques d’un état, elles n’en sont que de pâles reflets. N’ayant qu’une souveraineté limitée sur le plan monétaire (le CFA), inexistante sur le plan politique, militaire et économique en ce qu’elles restent inféodées à leur ex-puissance coloniale et aux organismes subsidiaires de l’ONU (Banque Mondiale ou FMI) qui les gèrent par pantins interposés (Alassane Ouattara, Blaise Compaoré, Yayi Boni etc)…
 

L’Afrique se retrouve aujourd’hui plongée en plein paradoxe temporel : une séquence surgissant du passé, bousculant le présent et hypothéquant son avenir vient de se clore avec l’intervention française dans le nord du Mali.
Du sommet de la Francocacophonie, en passant par les visites, à Kinshasa et Alger de François Hollande, jusqu’à la nouvelle expédition « humanitaire » tricolore en terre malienne, ont de nouveau été posés les jalons balisant l’impasse que furent, sont et resteront les relations françafricaines : un cul-de-sac pour l’Afrique, un tombeau pour les africains. Lire la Suite

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Sétif, 8 mai 1945

Sétif, 8 mai 1945

Les massacres qui, le 8 mai 1945, ont débuté dans la ville de Sétif en Algérie sont de ceux que l’Etat français s’est employé à dissimuler ou à minimiser durant plus de soixante années.

L’historien Jean-Louis Planche leur a consacré un ouvrage résultat de ses longues recherches au centre des Archives nationales d’outre-mer à Aix-en-Provence.1

Son constat est sans appel : entre le 8 mai et le 26 juin 1945, 20.000 à 30.000 Algériens ont été tués par l’armée française et les colons européens dans le département du Constantinois. Lire la Suite

  1. Jean-Louis Planche, Sétif 1945 – Chronique d’un massacre annoncé, Ed. Perin, 2006, 2010. []
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Mali : les affres d’une recolonisation programmée

Une très bonne synthèse…

Vu d’Algérie :

Mali : les affres d’une recolonisation programmée

par M. Amezrar Redha

Mis en lumière par l’amputation des deux tiers de son territoire, le coup d’État du 22 mars 2012 et l’embargo total de la CEDEAO, l’extrême vulnérabilité du Mali tient d’abord à la trahison des élites. Elles se voilent la face, réfutent tout débat de fond sur les enjeux de la mondialisation capitaliste.
Désormais, tout est clair : la recolonisation du pays à travers les politiques néolibérales entre dans une nouvelle phase qui obéit au schéma libyen avec l’intervention directe de l’OTAN en moins.

1. Le Mali et l’impérialisme dévastateur

L’‘impérialisme collectif avait besoin d’exploiter, comme à Benghazi, les rancœurs et les rancunes d’une partie de la population qui a le sentiment d’être marginalisée. La rébellion touareg faisait parfaitement l’affaire. La revendication des deux tiers du territoire malien par le Mouvement National de Libération de l’Azawad (MNLA) vient d’être satisfaite avec la complicité de la «communauté internationale».

L’os malien étant bien moins dur à briser que l’os libyen, il suffisait de mettre à profit l’état de déliquescence de l’armée nationale et de fermer les yeux sur la progression des assaillants lourdement équipés d’armes sophistiquées en provenance des arsenaux libyens pour que le tour soit joué.

Tout cela s’est passé rapidement, entre le 17 janvier 2012 et le 04 avril 2012. Les puissants membres de la «communauté internationale» n’ont donc pas eu à se salir les mains. Ils pensent avoir l’honneur sauf pour avoir fait des déclarations de principes sur l’inviolabilité de l’intégrité territoriale du Mali. Or, c’est lorsque les rebelles du MNLA ont déclaré qu’ils ont atteint leurs objectifs que les États-Unis d’Amérique leur ont demandé de «cesser» les opérations militaires.

Les enjeux énergétiques, sécuritaires, migratoires et idéologiques de la guerre globale trouvent leurs expressions dans cette recolonisation que les dirigeants politiques maliens n’ont pas vu venir et que certains d’entre eux refusent toujours d’admettre. La France espère obtenir de la future République laïque et démocratique de l’Azawad ce que le Président malien Amadou Toumani Touré (ATT) n’a pas su ou voulu lui accorder : la base de Tessalit hautement stratégique au plan économique et militaire ; de la fermeté dans la lutte contre l’émigration «clandestine» et Al Qaeda au Maghreb (AQMI). Lire la Suite

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La crise malienne vue depuis l’Algérie

La crise malienne vue depuis l’Algérie

par Thomas Serres

Dans une région saharo-sahélienne en proie à l’instabilité et à tous les dangers, l’Algérie se positionne comme une actrice centrale au plan géopolitique. Devant les errements en cours en Libye et les incertitudes qui pèsent sur le Mali, le pouvoir algérien a la latitude de manœuvrer pour tirer les marrons du feu aussi bien au plan national qu’international.

Le blitz militaire des rebelles dans le nord du Mali est loin d’être sans conséquence pour le voisin algérien. La sécession hypothétique de l’Azawad (dans la moitié nord du Mali) n’est pas vue d’un œil favorable en Algérie, pour le moins qu’on puisse dire. En plus de la menace d’instabilité le long de la frontière sud du pays, le Mouvement national de libération de l’Azawad (MNLA) a fait, au cours de son offensive, un choix pragmatique qui consiste à la création d’une brève alliance avec les jihadistes d’Ansaar Eddine et d’Al Qaeda au Maghreb islamique (AQIM). En raison de la déferlante terroriste dans l’histoire récente de l’Algérie, cette relation est considérée avec une grande suspicion.  Lire la Suite

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