Fruits Rouges

VICTOR SERGE

QUI ETAIT VICTOR SERGE ?

Viktor Lvovitch Kibaltchich, dit Victor Serge, est né à Bruxelles le 30 décembre 1890. Il aurait pu naître ailleurs, à Londres ou à Paris, au gré des voyages de ses parents, des émigrés. Son père, officier russe, devenu médecin, est un militant socialiste. Sa mère est d’une famille de petite noblesse polonaise. Serge a une enfance difficile, presque misérable. Il connaît toutes les privations. A quinze ans, il est apprenti photographe, puis garçon de bureau. Il est déjà membre de la Jeune Garde socialiste d’Ixelles. Avec quelques camarades, il rédige et compose un bulletin, Communiste. A Paris, où il se mêle aux milieux anarchistes, il collabore à diverses publications : Le Libertaire, La Guerre sociale. Pour vivre, il effectue des travaux de correction et des traductions.

C’est le temps des bandits anarchistes, inspirés par Ravachol. La « bande à Bonnot » fait trembler les bourgeois. Avec sa maîtresse, Rirette Maîtrejean, Serge dirige L’Anarchie. On l’inculpe. Il est condamné à cinq ans de prison. Après sa peine, marqué par cette douloureuse expérience, Serge se retrouve à Barcelone, en 1917. Il y participe à l’insurrection de juillet, aux côtés des syndicalistes

La Révolution russe éclate. Il rentre en France, désireux d’aller en Russie, mais doit faire encore un séjour de deux ans dans un camp de concentration de la Sarthe. En février 1919, il arrive enfin à Petrograd. Inscrit au Parti communiste russe, il devient membre de l’exécutif de l’Internationale. On lui confie la direction de la revue Internationale communiste. En 1921, il est à Berlin, pour publier clandestinement une édition de Correspondance internationale. Le mouvement est écrasé. Serge passe à Vienne.

Après la mort de Lénine, en 1924, il commence à dire son inquiétude devant la politique du régime. Il critique le dirigisme, la bureaucratie, la répression policière. On l’exclut du parti en 1927. Il est arrêté et, après quarante jours de détention, relâché sans la possibilité de travailler. Il n’a pas le droit de quitter le pays et survit péniblement. En 1933, il est arrêté une seconde fois et déporté. En France, une campagne pour sa libération est menée par Romain Rolland, André Gide, André Malraux, Alain. Sur une intervention de Romain Rolland auprès de Staline, il est libéré et regagne Paris, en pleine euphorie du Front populaire. Il publie Destin d’une révolutionDe Lénine à Staline et un roman admirable, S’il est minuit dans le siècle.

En 1941, il prend un bateau à Marseille pour aller au Mexique. A Mexico, il fonde la revue Mundo à laquelle collaborent des anarcho-syndicalistes et des réfugiés communistes. Il écrit encore des essais, Portrait de StalineVie et mort de Trotsky, et des romans : l’ Affaire Toulaevles Derniers TempsIl meurt d’une crise cardiaque à Mexico, le 17 novembre 1947.

D’après la préface de S’il est minuit dans le siècle/Victor SERGE.
Collection Les Cahiers Rouges, Grasset Editeur, 1986.


L’OEUVRE DE VICTOR SERGE

ROMANS :

Les Hommes dans la prison, préface de Panaït Istrati (Rieder, 1930).
Naissance de notre force, (Rieder, 1931).
Ville conquise, (Rieder).
S’il est minuit dans le siècle, (Grasset, 1939).
L’affaire Toulaév, (Editions du Seuil, 1948).
Les Derniers Temps, (L’Arbre, Montréal 1946, Grasset 1951).

NOUVELLES :

Mer Blanche, (Feuillets bleus, Paris).
L’Impasse Saint-Barnabé, (Esprit, Paris).

POEMES :

Résistance, (Les Humbles, 1938).

HISTOIRE ET ESSAIS :

L’An I de la Révolution russe, (Librairie du Travail).
Les Anarchistes et l’Expérience de la révolution russe, (Cahiers du Travail, Librairie du Travail).
La Ville en danger : l’an II de la Révolution, (Librairie du Travail).
Lénine l9I7, (Librairie du Travail).
Les Coulisses d’une sûreté générale : l’Okhrana, (Librairie du Travail).
Littérature et révolution, (Valois).
Destin d’une révolution. U.R.S.S. 19I7-I937, (Grasset, 1937).
Portrait de Staline, (Grasset, 1940).
Vie et Mort de Trotzky, (Amiot-Dumont. 1951)
Le Tournant obscur, (Les Iles d’Or, 1951).
Mémoires d’un révolutionnaire, (Editions du Seuil, 1951), (Le Club des Editeurs,1957).
Carnets, (Julliard, 1952).

TRADUCTIONS :

La Révolution trahie et Les Crimes de Staline, de Trotsky (Grasset).
Mémoires d’un révolutionnaire, de Véra Figner (Gallimard).

CORRESPONDANCE :

Lettres à Antoine Borie, (Témoins, Zurich, 1959).

D’après Centro Studi Pietro Tresso, (Italie, 1992).

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