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Nouveau gouvernement : Le retour de Moussa Traoré

Nouveau gouvernement :

Le retour de Moussa Traoré

par Issa Fakaba SISSOKO 

Source : Journaldumali.com 

Très peu connus du grand public, les nouveaux ministres de Cheick Modibo Diarra sont la plupart proches de la junte, de l’ancien régime Moussa Traoré, mais également d’ATT pour avoir été des secrétaires généraux des ministres sortants.

La liste a été rendue publique ce mercredi 25 avril aux environs de 10 heures. La nouvelle équipe devant conduire la transition  est un gouvernement long de 24 membres. Une grosse surprise pour certains, qui s’étonnent d’un tel nombre de portefeuilles pour un gouvernement de transition. Surtout quand on sait le régime sortant d’Amadou Toumani Touré, qui en avait pour 32, a été critiqué pour la pléthore des ministres. On moment les observateurs s’accordent sur la nécessité de réduire le nombre de départements ministériels et le train de vie de l’Etat, la décision de former un gouvernement de 24 membres semble pour le moins justifiable. Et les partis politiques ont véritablement une raison de combat.

Mais ce qui n’est pas surprenant, c’est la nomination du colonel Moussa Sinko Coulibaly à la tête du ministère de l’administration territoriale de la décentralisation et de l’aménagement du territoire. Un super ministère confié à l’un des hommes de confiance du chef de la junte. A Ouagadougou, il avait annoncé la nomination du Premier ministre dans les 48 heures qui suivent. Ce fut le cas.  Précédemment directeur de cabinet du capitaine Amadou Haya Sanogo, le colonel Coulibaly avait été annoncé par plusieurs observateurs aux Affaires étrangères. Finalement, celui qui est considéré comme le bras-droit du capitaine hérite du très  puissant portefeuille de l’administration territoriale. Sa mission sera de conduire les prochaines élections générales, tout en obtenant un fichier électoral fiable réclamé par les partis politiques. Pourra-t-il relever le défi ? Le temps nous le dira.

L’ « opposant » devenu ministre

Au ministère des sports, le nouveau patron s’appelle Hameye Founè Mahalmadane. Magistrat, il était précédemment le secrétaire général du Syndicat libre de magistrature (SYLMA) et un des militants très actifs contre les réformes constitutionnelles initiées par l’ancien président Amadou Toumani Touré. Ses prises de position dans le « Collectif touche pas à ma Constitution », ont fait de lui l’un des opposants farouches au régime sortant. Mais pourquoi subitement le magistrat s’est retourné contre ATT ? Plusieurs observateurs, pensent que des promesses à lui tenir par Koulouba n’ont pas été respectées. Ce qui fait craindre à certains « un règlement de compte dans les jours à venir contre certains dignitaires du régime sortant ».

Le « retour » de Moussa Traoré et de ATT

Dans ce gouvernement, on retient également que la junte a composé avec des anciens dignitaires du régime Moussa Traoré. C’est le cas de Tiéna Coulibaly. On dit qu’il revient en famille. Nommé ministre de l’économie et des finances, il a occupé le même poste sous Moussa Traoré. Jusqu’à sa nomination, il était Président directeur général de la Compagnie malienne de développement des textes (CMDT), dont il a finalisé le processus de privatisation. Ses proches le présente un « cadre intègre et méthodique ». La transition aura sans doute besoin de cet atout.

Le gouvernement Cheick Modibo Diarra c’est aussi le retour d’anciens cadres du régime déchu, pour avoir assumé de hautes responsabilités dans l’administration. C’est le cas notamment du Colonel –Major Yamoussa CAMARA, devenu ministre de la défense et des anciens combattants. Réputé (paradoxalement) proche de la junte, il était jusqu’à a sa nomination secrétaire général du même ministère jusqu’au coup d’Etat du 22 mars dernier. Un atout non moins  négligeable, selon certains dans un contexte de guerre au Nord. Il aura la lourde mission de conduire les opérations de défense pour la reconquête du territoire dans les régions de Tombouctou, Gao et Kidal.

Les rennes du ministère de l’agriculture, de l’élevage et de la pêche sont désormais tenues par Moussa Léo Sidibé. A la retraire depuis une année, l’homme fait un retour en famille. Ses collaborateurs retiennent de lui, « un cadre bosseur mais souvent capricieux ». Il est en terrain connu pour avoir été jusqu’en janvier dernier, secrétaire général du ministère de l’agriculture, et PDG de l’Office du Niger sous le régime Moussa Traoré. En cette période où 104 communes du Mali sont menacées d’insécurité alimentaire, le nouveau ministre de l’agriculture aura pour mission le booster la production agricole dans notre pays et de d’assurer l’autosuffisance alimentaire.

Comme le colonel-major Camara, le général Tièfing Konaté est aussi un homme du système ATT, pour avoir été chef de cabinet du général Sadio Gassama, en son temps ministre de la Sécurité Intérieure et de la Protection Civile. Tièfing a été également sous ATT directeur général de la gendarmerie nationale pendant plusieurs années. Au moment où la reproche « l’incompétence » du régime sortant, la nomination d’un officier supérieur de l’armée parrait pour le moins étonnant.

Parmi les anciens secrétaires généraux devenus ministres, on retient aussi Mme Traoré Rokia Guikiné, la désormais ministre des Maliens de l’extérieur et de l’intégration africaine. Diplomate de carrière, elle a été ambassadrice du Mali au Gabon, conseillère technique et directrice de la coopération internationale. Avant sa nomination, elle était le secrétaire général de Soumeylou Boubeye Maïga, ancien ministère des Affaires étrangères.

« Un homme de caractère »

S’il y a une nomination autour de laquelle les observateurs sont unanimes sur le caractère pertinent, c’est celle de Malick Coulibaly comme ministre de la justice, Garde des sceaux. On se rappelle qu’en 2010, le substitut du procureur de Kati qu’il était, a démissionné de la magistrature pour, dit-il, dénoncer le comportement des magistrats et de la justice malienne. L’affaire en son temps avait défrayé la chronique. Ses camarades de promotion de l’Ecole nationale d’administration (ENA de Bamako), et ses collaborateurs reconnaissent en lui « un homme de principe, honnête, rigoureux dans le travail ».  Bref, un homme de caractère, selon d’autres. La mission à lui assigner par Cheick Modibo est plus crucial. Car, il est chargé de remettre ma justice malienne sur les rails, et de donner un contenu à la lutte contre la corruption et la délinquance financière.

En somme, de la nomination du nouveau gouvernement, on retient un principal enseignement : c’est celui du retour de plusieurs proches de Moussa Traoré et de secrétaire généraux de ministres d’ATT, mais aussi l’absence d’hommes politiques connus du grand public. Il n’y a donc pas de doute qu’à travers ce choix, le chef du gouvernement de la transition a fait un black-out sur les partis politiques.

Cheick Modibo et ses hommes n’auront pas de replis, car ils héritent d’un pays presque à genou dans tous les domaines. Au travail alors Mesdames et messieurs les ministres !

Issa Fakaba SISSOKO 

Source : Journaldumali.com 

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