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Déclaration de la COALITION PATRIOTIQUE POUR LE MALI – CPM relative à la constitution du gouvernement du 25 avril 2012

Déclaration de la COALITION PATRIOTIQUE POUR LE MALI – CPM relative à la constitution du gouvernement du 25 avril 2012

27 April 2012

La Coalition Patriotique pour le Mali (CPM) a constaté, la mise en place, le 25 avril 2012, d’un gouvernement sous la conduite du Dr. Cheick Modibo Diarra.

L’Accord cadre et la validité du gouvernement

L’Accord Cadre intervenu entre le CNRDRE et la CEDEAO le 1er avril 2012 a été un véhicule qui a permis au Mali de passer de la dissolution des institutions issues de la Constitution du 25 février 1992 intervenue le 22 mars 2012 à la mise en place d’un président intérimaire, à l’acceptation de la prolongation de l’existence de l’Assemblée Nationale sortante et à l’installation du présent gouvernement. L’Accord Cadre est un arrangement politique et moral. Il a annoncé le présent gouvernement comme devant être un gouvernement d’union nationale. Au constat, cette promesse n’est pas tenue. N’est pas non plus tenue l’exigence, prééminente, des populations maliennes d’aller vers un changement des méthodes, des pratiques ayant constitué la trame de la vie publique du Mali des dernières décennies.

Une équipe. Quels intérêts? Quel projet?

Toute politique est au service d’intérêts bien précis. Présenter un gouvernement sous l’étiquette « technocrate » est très souvent l’expression d’un manque de courage politique. Pour espérer être accepté, le gouvernement doit assumer son identité et révéler son projet. L’Accord Cadre lui a assigné de réunir les maliens afin de, en premier lieu, supprimer les souffrances dont sont accablées les populations maliennes et ensuite de préparer des élections crédibles.

Le présent gouvernement nous semble suspect aussi bien par rapport au flou qui entoure sa genèse et ses projets autant que par la précaution qu’il a prise de ne pas concerter les autres forces politiques et sociales. Son comportement nous semble assimilable à une assurance pour l’échec.

Que nous enseigne l’histoire ?

Pour avoir une lecture claire de la situation des relations actuelles entre le Mali et son environnement régional, la CPM estime devoir recourir à l’histoire.

Le Président Modibo Keita, dans un de ses illustres discours ; celui tenu le 20 janvier 1961 devant l’Assemblée Nationale a fait le point des trois (3) premiers mois de la vie de la République du Mali. Il a révélé que « les adversaires de l’émancipation africaine puissamment aidés par la presse, la radio » n’ont épargné aucun effort pour discréditer la démarche des populations maliennes de s’émanciper par elles-mêmes. Le Président Modibo Keita a révélé que le Mali a dû envoyer des émissaires, entre autres, en Haute Volta, en Cote d’Ivoire, au Dahomey, au Togo, au Niger, en Mauritanie. Le Mali a dû se protéger des embargos de fait. Le Président Modibo Keita reviendra sur les difficultés de la jeune République du Mali lors de l’inauguration de la première usine malienne, l’usine de conserves de Baguineda le  21 février 1964. Il revint sur les pays qui veulent nous apprendre les droits de l’homme, la démocratie et d’autres valeurs politiques et sociales. Il déclara : « … vous devez comprendre que lorsque certains hommes, certains peuples parlent des droits de l’homme et du citoyen, ils ne pensent pas à nous autres, … nous demeurons pour eux des pions… » . Il nous a prévenus en nous demandant de ne pas être, « des marionnettes répondant et agissant au mot et à la lettre d’autorités étrangères… ».  Dans son discours le Président Modibo Keita nous a prévenus en disant que nos ennemis ne changeront pas d’objectifs et que le Mali aura sur son chemin de grandes difficultés. Mais il a affirmé sa conviction inébranlable que le Mali n’acceptera jamais de se mettre à genoux. Il appela nous maliens à toujours trouver en nous-mêmes l’énergie nécessaire pour résoudre les difficultés qui seront placées sur notre chemin.

A présent Que faire ?

L’heure est grave. Nous faisons face à de nombreux défis dont le premier est celui du rétablissement de l’unité territoriale en libérant nos populations des affres de l’offensante occupation de notre sol. Le défi suivant est de sauver nos populations de la grave insécurité alimentaire et économique qui frappe nos populations de toutes les régions dans des proportions allant de 50% à 100% (enquête des Nations Unies sur la sécurité alimentaire et économique des populations maliennes d’avril 2012).

Ces défis ne peuvent être relevés que par un gouvernement d’union nationale aligné sur les préoccupations de nos populations. Une solution pour réussir ce gouvernement d’union qui n’existe pas encore est que les forces vives de notre nation assument le leadership authentique de rassembler, urgemment une Convention Nationale souveraine. Cette Convention définira les structures nécessaires à la Transition à venir.  Ces structures et leurs membres y compris le premier ministre et les ministres seront choisis autour d’objectifs clairs. Ces objectifs devront poser, en plus de la pacification du Nord, du rétablissement de la sécurité alimentaire, les bases d’une vie politique démocratique et républicaine au Mali. La ligne directrice de la CPM dans la phase actuelle se résume en deux mots : unité etchangement. Changeons le Mali comme le souhaitent nos populations. Nous pouvons réussir ce changement, tous ensembles y compris le gouvernement actuel. Cette œuvre ne peut être que malienne et doit nécessairement conduire à la renaissance du Mali. Nous en avons la compétence, l’énergie, la volonté. Ecoutons la voix inextinguible de nos aînés. Chères sœurs et chers frères, la CPM nous appelle à nous tenir debout et à marcher ensemble et dans le respect de la diversité de nos opinions, vers les objectifs qui sont ceux du baptême de la République du Mali,  indépendante, démocratique, laïque et héritière d’une histoire unique.

 

Bamako le 26 avril 2012 –

Pour la CPM, Dialla Konate, Président

Voir aussi:
Pour les élections crédibles au Mali en 2012 : Le Réseau APEM se mobilise
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