Fruits Rouges

Mali : Une arrestation rocambolesque ou quand l’état devient voyou

OUMARLes interventions écrites d’Oumar Mariko, authentique dirigeant de la gauche malienne sont relativement  (trop ?) rares. Aussi nous conseillons vivement la lecture de cette mise au point sur la Sécurité d’Etat et les « média-mensonges » qui montre dans quelles difficiles conditions doivent militer au Mali les camarades qui luttent pour un « autre monde ». FR

UNE ARRESTATION ROCAMBOLESQUE

OU QUAND L’ETAT DEVIENT VOYOU

par Dr Oumar MARIKO

(Secrétaire général du Parti Solidarité Africaine pour la Démocratie et l’Indépendance, chargé des relations extérieores – BAMAKO)

Circonstances d’une arrestation préméditée

Le lundi 11 février 2013 je me suis rendu aux environs de 10h au Consulat du  Danemark pour y remplir les formalités d’obtention d’un visa en vue d’un séjour en Suède. Lorsque je suis sorti dudit Consulat aux environs de midi, deux individus louches m’apostrophèrent. Ils me demandèrent de les suivre à la Direction Générale de la Sécurité d’Etat, afin de rencontrer le colonel Sidi Alassane Touré (le Directeur Général). Je leur ai demandé s’ils étaient porteurs d’une convocation, ils m’ont répondu oui, mais ils ont ajouté qu’ils n’ont pas reçu l’autorisation de me la remettre. Ils me montrèrent juste un bout de papier plié sur lequel on pouvait apercevoir seulement mon nom, mon prénom et la mention « dès réception ». Lire la Suite

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Chine 2012 par Samir Amin

Chine 2012

par Samir Amin

Chine 2012

Les débats concernant le présent et l’avenir de la Chine — puissance  «émergente » — me laissent toujours sceptique [1]. Les uns considèrent que la Chine a définitivement opté pour la « voie capitaliste » et envisage même d’accélérer son insertion dans la globalisation capitaliste contemporaine. Ils s’en félicitent et souhaitent seulement que ce « retour à la normale » (le capitalisme étant la « fin de l’histoire ») s’accompagne d’une évolution démocratique sur le mode occidental (pluripartisme, élections, droits de l’homme). Ceux-là croient — ou doivent croire — à la possibilité pour la Chine de « rattraper » par ce moyen (en termes de revenu par tête), fût-ce progressivement, les sociétés opulentes de l’Occident — ce que je ne crois pas possible. La droite chinoise partage ces points de vue. D’autres le déplorent au nom des valeurs du « socialisme trahi ». Certains s’associent aux formulations dominantes en Occident des champions du China bashing [2]. Les autres — les pouvoirs en place à Beijing — qualifient la voie choisie de « socialisme aux couleurs de la Chine », sans plus de précision. Mais on peut découvrir ces spécificités en lisant attentivement les textes officiels, en particulier les plans quinquennaux, précis et pris au sérieux.En fait la question — la Chine est-elle capitaliste ou socialiste ? — est mal posée, trop générale et abstraite pour que la réponse dans les termes de cette alternative absolue fasse sens. Car la Chine est effectivement engagée sur une voie originale depuis 1950 et peut être même depuis la révolution des Taiping au 19e siècle. Je tenterai donc ici de préciser le contenu de cette voie originale à chacune des étapes de son déploiement de 1950 à aujourd’hui (2012). Lire la Suite

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