Fruits Rouges

Dette et Démocratie : A-t-on brisé le lien entre les deux ?

Dette et Démocratie :

A-t-on brisé le lien entre les deux ?

L’esclavage de la dette

 par Michael Hudson


Le livre V de La Politique d’Aristote décrit l’éternel cycle des oligarchies qui se transforment en aristocraties héréditaires —pour finalement être renversées par des tyrans ou se déchirer entre elles quand certaines familles décident de « mettre la multitude dans leur camp » et de réinstaurer la démocratie dont émerge à nouveau une oligarchie, suivie d’une aristocratie et ainsi de suite tout au long de l’histoire.

La dette a été la force motrice de ces évolutions —seules les stratégies changent. La dette clive la richesse en créant une classe de créanciers dont le pouvoir oligarchique est renversé par de nouveaux leaders (« tyrans » dans le vocabulaire d’Aristote) qui obtiennent le soutien populaire en supprimant la dette et en redistribuant les biens ou en gardant les profits que génèrent ces biens pour l’état. Lire la Suite

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« Quel avenir et quels défis pour l’Unesco ? »

« Quel avenir et quels défis pour l’Unesco ? » – Table ronde du Groupe des 77 et la Chine

par Jean BRICMONT

L’acte constitutif de l’Unesco parle de deux concepts, « le maintien de la paix et de la sécurité… en resserrant la collaboration entre nations » et le « respect universel des droits de l’homme », concepts que certains opposent depuis quelque dizaines d’années en Occident en invoquant le « droit d’ingérence humanitaire », unilatéral et militaire, ou la « responsabilité de protéger ». Ils s’opposent, au nom des droits de l’homme, au maintien de la paix et à la collaboration entre nations.

Leur cible principale est la notion d’égale souveraineté entre les États, sur laquelle est fondé le droit international contemporain. Les partisans de l’ingérence humanitaire, dont l’un des plus célèbres prétend être à la fois cinéaste, guerrier en chambre et philosophe, stigmatisent ce droit en l’accusant d’autoriser les dictateurs « à tuer leur propre peuple » comme bon leur semble.

Une des principales justifications du principe d’égale souveraineté est qu’il fournit une certaine protection aux faibles contre les forts. On ne peut pas contraindre les États-Unis à modifier leur politique énergétique ou leur politique monétaire quelles qu’en soient les conséquences sur des pays tiers. Dans la notion d’égale souveraineté, le mot « égale » est aussi important que « souveraineté ». Un monde où la souveraineté est bafouée est nécessairement un monde dont l’inégalité est à la mesure des rapports de forces entre les États. Lire la Suite

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La Syrie, centre de la guerre du gaz au Proche-Orient

DE LA GÉOPOLITIQUE DU PÉTROLE À CELLE DU GAZ

La Syrie, centre de la guerre

 du gaz au Proche-Orient

 par Imad Fawzi Shueibi

L’attaque médiatique et militaire à l’encontre de la Syrie est directement liée à la compétition mondiale pour l’énergie, ainsi que l’explique le professeur Imad Shuebi dans l’article magistral que nous publions. À un moment où la zone euro menace de s’effondrer, où une crise économique aiguë a conduit les États-Unis à s’endetter à hauteur de 14 940 milliards de dollars, et où leur influence s’amenuise face aux puissances émergentes du BRICS, il devient clair que la clé de la réussite économique et de la domination politique réside principalement dans le contrôle de l’énergie du XXIe siècle : le gaz. C’est parce qu’elle se trouve au cœur de la plus colossale réserve de gaz de la planète que la Syrie est prise pour cible. Les guerres du siècle dernier étaient celles du pétrole, mais une nouvelle ère commence, celle des guerres du gaz.

Les gazoducs North Stream, South Stream et Nabucco

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Géopolitique du Sahara, crise généralisée du capitalisme mondialisé, crises identitaires et avenir de l’Etat-nation : le cas du Mali

Géopolitique du Sahara,

crise généralisée du capitalisme mondialisé,

crises identitaires et avenir de l’Etat-nation :

le cas du Mali

par Pr Issa N’DIAYE

Juin 2012

L’offensive foudroyante du MLNA au Nord du Mali saluée par le tonitruant Ministre français des affaires étrangères de Sarkozy et la proclamation de l’indépendance de l’Azawad sur le sol français ouvrirent brutalement les yeux à beaucoup de Maliennes et de Maliens sur les complicités françaises récurrentes à la crise que traversent les régions sahariennes en Afrique. Juppé n’en était pas à son premier essai. Les tentatives de dépeçage des pays des Grands lacs et le génocide rwandais ne sont qu’une des nombreuses illustrations des coups tordus de la France durant plus d’un siècle de domination qu’elle continue à exercer en Afrique. La crise actuelle au Mali ne s’inscrit-elle pas dans la même logique ? Lire la Suite

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Oumar Mariko : « Le coup d’Etat nous a sauvés du mirage démocratique au Mali »

Oumar Mariko :

« Le coup d’Etat nous a sauvés

du mirage démocratique au Mali »

Une interview d’Oumar Mariko réalisée par Frank Toti et Théophile Kouamouo pour le Nouveau Courrier, quotidien Ivoirien.

La version longue que nous publions est due à Investig Action.

 

Oumar Mariko

Qui est ce Docteur Mariko que tant de monde aime détester ?

Je suis simplement un anticonformiste qui est un peu triste face aux problèmes auxquels sont confrontés les peuples malien et africain. Et qui se bat du côté de la justice, de l’équité et de l’égalité. Dans un monde établi comme le notre où la justice et la vérité sont forcément partisanes, il est difficile de s’en accommoder.

Et quand on ne s’en accommode pas pour un homme comme moi, tous les feux sont braqués sur votre personne. Je suis dirigeant du parti politique Solidarité africaine pour la démocratie et l’indépendance (Sadi), j’en suis le Secrétaire général chargé des relations extérieures, je suis par ailleurs député, vice-président de l’Assemblée nationale du Mali. Et aussi président du Groupe d’amitié avec le Cuba et le Venezuela.
Le parti Sadi est un parti de gauche qui est né en 2001 avec toutes ses dents. Ce qui veut dire que nous avons un long passé de lutte derrière ; de lutte pour l’émancipation du peuple malien, pour la solidarité en Afrique et pour la
souveraineté des peuples africains.
C’est pour cette raison que j’ai toujours fait mienne la formule du leader politique malien mort dans les années 1944-1945 en France, Tiemoko Garan Kouyaté, qui parlait de l’Union libre des peuples libres d’Afrique. Il faut donc
être véritablement panafricaniste, mais un panafricanisme des peuples et non des chefs d’Etat. Ces derniers temps, on parle de moi comme on a beaucoup parlé de moi en 1990-1991. Lire la Suite

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