Fruits Rouges

Dette et Démocratie : A-t-on brisé le lien entre les deux ?

Dette et Démocratie :

A-t-on brisé le lien entre les deux ?

L’esclavage de la dette

 par Michael Hudson


Le livre V de La Politique d’Aristote décrit l’éternel cycle des oligarchies qui se transforment en aristocraties héréditaires —pour finalement être renversées par des tyrans ou se déchirer entre elles quand certaines familles décident de « mettre la multitude dans leur camp » et de réinstaurer la démocratie dont émerge à nouveau une oligarchie, suivie d’une aristocratie et ainsi de suite tout au long de l’histoire.

La dette a été la force motrice de ces évolutions —seules les stratégies changent. La dette clive la richesse en créant une classe de créanciers dont le pouvoir oligarchique est renversé par de nouveaux leaders (« tyrans » dans le vocabulaire d’Aristote) qui obtiennent le soutien populaire en supprimant la dette et en redistribuant les biens ou en gardant les profits que génèrent ces biens pour l’état. Lire la Suite

L’indispensable surveillance citoyenne

Il est des sujets sur lesquels nous n’avons pas d’expertise. L’expertise citoyenne est aussi un moyen de dire que nous ignorons tout de la volonté politique qui anime ou n’anime pas ce qu’il est convenu d’appeler aujourd’hui le monde des décideurs. FR

L’indispensable surveillance citoyenne

Pour de nombreux citoyens, les contre-pouvoirs institutionnels (organismes publics, médias etc) paraissent suffisants pour les informer en cas de problème ; les exemples récents de scandales ou de catastrophes (« vache folle », médiator, amiante…) montrent que trop souvent ces vigies ne fonctionnent pas et que l’alerte provient finalement de citoyens isolés ou d’associations vigilantes.

L’exemple du vote électronique en général et du vote par Internet en particulier illustre bien l’écart existant entre la parole officielle et la réalité. Ainsi lors des élections prud’homales de 2008, les parisiens avaient-ils la possibilité de voter par Internet. Il y eut bien quelques alertes, mais les paroles rassurantes du ministre du travail et des prestataires, relayées par les médias, avaient permis d’éviter trop de questionnements sur la fiabilité du processus.

Nous retrouvons d’ailleurs les mêmes propos apaisants au sujet du vote par Internet utilisé lors des élections professionnelles dans l’Éducation Nationale à l’automne dernier (qui a vu un effondrement de la participation), mais également au sujet de l’élection prochaine des 11 députés des français de l’étranger Pour rassurer, sont évoqués des audits censés dissiper toute inquiétude, mais ceux-ci restent désespérément confidentiels au nom du sacro-saint secret industriel et commercial !

Un entrefilet dans un journal en ligne et quelques mots dans le rapport 2009 de la CNIL [1] ont toutefois éveillé la curiosité d’un citoyen, qui sur simple demande, a obtenu de la CNIL la délibération relative à ces élections prud’homales, délibération ayant abouti à la sanction infligée au ministère. Bien que plusieurs paragraphes aient été occultés au titre du secret industriel et commercial qui prime sur la transparence démocratique, il ressort de manière évidente à la lecture de ce document que ces élections sont loin d’avoir été parfaites tant au niveau de la sécurité que du respect des règles. Malheureusement, la décision de ne pas rendre publique cette sanction, par exemple sur le site de la CNIL, empêche la bonne information du public qui restera sur les annonces officielles du « tout s’est bien passé ».

Cet exemple illustre bien la nécessité pour les citoyens d’aller chercher par eux-mêmes l’information. Il est indispensable dans cet inexistant débat sur le vote électronique que tous les documents (audits, rapports divers et variés) soient rendus publics.

La confiance ne se décrète pas, elle se gagne, surtout en matière de démocratie. Le vote électronique, par l’abandon exigé de la surveillance directe des citoyens, nécessite une confiance aveugle envers les administrations et les politiciens qui l’imposent mais aussi dans l’informatique. Sans tomber dans la paranoïa, la lecture des journaux montre qu’il n’est pas possible d’avoir cette confiance absolue : que ce soit pour l’informatique (bugs, hackers, piratages, Anonymous etc) ou pour la classe politique (conflits d’intérêts, lobbying, affaires etc). La surveillance citoyenne reste le meilleur garant d’une démocratie vivante et apaisée.

Notes

[1Rapport 2009 de la CNIL : page 105.

Source : http://www.ordinateurs-de-vote.org/

Et pour tester le vote électronique :
http://fgouget.free.fr/evote/evote.html

Punis ! par Vanessa IKONOMOFF

PUNIS !

par Vanessa IKONOMOFF

Nous ne saurions mieux dire que ce que dit Vanessa IKONOMOFF dans cet article extrait, non sans peine, du très intéressant site du mensuel progressiste radicalement eurocritique Bastille-République-Nations qui malheureusement n’est (presque) accessible que sur abonnement.  Nous leur demandons humblement de pardonner cet emprunt mais c’est pour la (bonne) cause.

Fruits rouges

————–

 Sanctions. Le mot, et la chose, inondent l’actualité internationale. Ici l’on invoque la lutte anti-terroriste ; là, on suppute la prolifération nucléaire ; là-bas encore, on stigmatise la corruption ; et à peu près partout, les « droits de l’homme » fournissent un prétexte tout-terrain. La réalité, cependant, peine à être dissimulée : il s’agit de contraindre tel gouvernement à adopter telle politique, à renoncer à telle autre ; ou à changer d’alliances (la Birmanie/Myanmar vient ainsi d’être « récompensée », par un gel des restrictions, de s’éloigner de la Chine) ; voire, quasi-ouvertement, de provoquer un changement de régime. Comme en Libye hier, en Syrie aujourd’hui. Lire la Suite

« Il est temps maintenant de redéfinir ce qu’est le vrai bonheur et la vraie richesse »

Si la catastrophe politique qui a frappé le Mali, menaçant une grande partie de l’Afrique, a mobilisé toute notre attention, nous n’oublions pas cette autre catastrophe qui hante le monde depuis le 11 mars 2011, celle de Fukushima.

Au Mali le séisme de la chute de Kadhafi n’aurait pas provoqué la catastrophe actuelle si l’élan révolutionnaire de 91 n’avait été confisqué par une « transition » débouchant sur vingt ans d’incurie, de non-développement ou les mêmes « élites » (politiciens, bureaucratie, bourgeoisie compradore improductive)  se sont employées servilement mais avec zèle à brader les richesses du Mali (chemin de fer, coton, sous-sol, terres et même l’aéroport) aux prédateurs qu’on appelle « investisseurs », les multinationales. Comme « ils » n’ont pas d’autre politique (c’est celle du FMI après tout), quel mal y-a-t-il à ce qu’ils s’enrichissent ? Leur seul crédo : la ruine du pays doit me profiter un peu. Certes la paupérisation au Nord comme au Sud, la famine en cours au Nord, la révolte Touareg, AQMI et les autres, la défaite de la nation malienne, ils n’y sont pour rien… La révolte militaire suivie par le peuple, c’est un peu contrariant. Mais la CEDEAO, la France, les USA, …, veillent et ils comptent bien profiter de la nouvelle « transition » pour revenir aux « affaires ».

Au Japon, les politiciens sont si liés à Tepco et Areva qu’ils leur ont appris à penser. Eux aussi ne voient pas d’autre politique possible que de recommencer les mêmes erreurs, car leur seul horizon c’est les dividendes des multinationales et la raison d’état leur commande de réouvrir des centrales, au péril de leur peuple.

Au Mali comme au Japon le peuple paiera encore cher tant qu’il n’aura pas trouvé en son sein les dirigeants qui lui seront fidèles parce qu’il saura les contrôler.

Fruits rouges

Message de Kokoro Fujinami, 15 ans,

manif anti-nucléaire à Tokyo le 11.02.2012

 

Agée de 15 ans, Kokoro Fujinami est une chanteuse japonaise, sorte d’idole télévisuelle des jeunes, que la catastrophe de Fukushima a transformé en militante antinucléaire. Le 11 février 2012, lors d’une manifestation au parc Yoyogi de Tokyo, elle a exprimé sa vision de la catstrophe de Fukushima face à 12 000 personnes. Grâce à un enregistrement mis en ligne, on peut aujourd’hui écouter ce que la jeunesse a à dire au monde.

Pour lire le texte de l’intervention, aller sur l’excellent site fukushima.over-blog.fr OU à la fin de cet article.

——————

Que croyez-vous que font les dirigeants japonais face à cet appel et à la mobilisation populaire ? Et bien oui ils redémarrent une centrale !  Lire la Suite

Sortir du mondialisme, c’est possible : l’exemple de l’Argentine

Le déferlement médiatique condamnant  l’Argentine pour avoir récupéré sa compagnie pétrolière YPF en expropriant l’espagnol REPSOL fait actuellement rage. Nos lecteurs s’étonneront peut-être du choix d’un article d’Aymeric Chauprade, dont nous sommes loin de partager toutes les positions, pour saluer cette décision salutaire, mais ce chef de file de la nouvelle école réaliste de géopolitique française est un défenseur de l’indépendance nationale et de l’équilibre multipolaire, farouche partisan d’une alliance avec la Russie et d’une politique arabe forte. En 1999, Chauprade affirme que la participation de la France au démantèlement de la Yougoslavie est une erreur. En 2003, sur les plateaux de télévision, face à de nombreux intellectuels pro-américains qui fustigent le refus du président Chirac d’associer la France à la guerre contre l’Irak, Chauprade défend la politique d’exception de la France. Il condamne l’ingérence humanitaire, qui est le masque des intérêts américains. Malheureusement très marqué à droite (Nobody is perfect), il reste un auteur précieux pour la pertinence de ses analyses.

Fruits rouges

Sortir du mondialisme, c’est possible : l’exemple de l’Argentine

par Aymeric 

21 avril 2012

Le Fonds monétaire international a déploré cette semaine que l’Argentine soit « imprévisible » après l’expropriation partielle de la compagnie pétrolière argentine YPF, contrôlée à majorité, jusqu’au 16 avril, par le groupe espagnol Repsol.

Imprévisible ? Non, simplement souveraine ! Le FMI, instrument politico-économique des Etats-Unis, tout comme Washington et Bruxelles ont de plus en plus de mal à se faire à la souveraineté des Etats. Lorsque quelque chose leur échappe, ils appellent cela de l’imprévisibilité. Lire la Suite