Fruits Rouges

Le baiser de la mort de l’Europe à l’Afrique par Jacques Berthelot

Le baiser de la mort

de l’Europe à l’Afrique

par Jacques Berthelot

 

En ce début d’été 2014, l’Union européenne triomphe. Après plus de dix ans d’une sourde bataille, elle a enfin vaincu la résistance des pays africains qui refusaient de conclure avec elle les traités de libre-échange prévus depuis 2000 par l’accord de Cotonou (Bénin) (1). Le 10 juillet, les chefs d’Etat de la Communauté économique des Etats de l’Afrique de l’Ouest (Cedeao) ont signé l’accord de partenariat économique (APE) d’Afrique de l’Ouest (2) ; le 22 juillet, l’APE d’Afri-que australe était paraphé ; le 25 juillet, le Cameroun ratifiait un APE individuel.

Seule déconvenue pour l’Union : l’Afrique de l’Est n’a pas suivi. Les pays de cette sous-région dominée par l’Afrique du Sud ont refusé de se priver de précieuses recettes douanières sans réelles contreparties européennes. Les APE prévoient en effet la suppression des droits de douane sur trois quarts des exportations de l’Union, tandis que celle-ci continuera à importer d’Afrique de l’Ouest la totalité de ses produits qui sont déjà en franchise de droits. Un marché de dupes. Comment en est-on arrivé à un tel désastre ?

Depuis 2008, les Etats d’Afrique de l’Ouest résistaient aux pressions de Bruxelles, aiguillonnés par de puissants mouvements sociaux réunis au sein de divers réseaux : le Third World Network Africa, basé à Accra (Ghana), la Plate-forme des organisations de la société civile de l’Afrique de l’Ouest sur l’accord de Cotonou (Poscao), à Dakar (Sénégal), et le Réseau des organisations paysannes et de producteurs de l’Afrique de l’Ouest (Roppa), à Ouagadougou (Burkina Faso). Mais plusieurs événements ont permis de « retourner » les capitales africaines. Lire la Suite

Le dispositif français pour la « guerre contre le terrorisme » par Raphaël Granvaud

Le dispositif français pour

la « guerre contre le terrorisme »

par Raphaël Granvaud

La réorganisation des forces militaires française en Afrique annoncée dans le Livre Blanc de la Défense a commencé à se mettre en place dans la plus grande discrétion.

« Nous resterons aux côtés des forces maliennes. Il faut une force dissuasive pour toute la région. La menace de déstabilisation est partout » a expliqué le ministre de la Défense en visite au Mali pour célébrer le premier anniversaire du déclenchement de l’opération Serval (Libération.fr, 01/04). C’est donc « partout » que va désormais s’installer l’armée française. «  Une réorganisation intelligente consiste à diminuer nos effectifs en augmentant notre présence », avait confié le ministre aux sénateurs il y a quelques semaines (cf. Billets d’Afrique n°229). On ne sait pas si les effectifs vont réellement diminuer, mais c’est bien d’omniprésence qu’il faut parler.

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A lire : Figures de la révolution africaine par Saïd BOUAMAMA

Figures de la révolution africaine 

De Kenyatta à Sankara

par Saïd BOUAMAMA

A noter que ce livre qui vient combler un vide important existe aussi sous forme  de lyber, c’est-à-dire qu’il est entièrement consultable en ligne sur le  site de Zones.

9782355220753Jomo Kenyatta, Aimé Césaire, Ruben Um Nyobè, Frantz Fanon, Patrice Lumumba, Kwame Nkrumah, Malcolm X, Mehdi Ben Barka, Amílcar Cabral, Thomas Sankara… Longtemps regardés avec dédain par ceux qui, depuis les années 1980, décrétèrent la mort du tiers-mondisme et le triomphe du néolibéralisme, ces noms reviennent à l’ordre du jour. Avec l’atmosphère de révolte que l’on sent monter aux quatre coins du monde, ces figures majeures de la libération africaine suscitent un intérêt croissant auprès des nouvelles générations.
Refusant d’en faire de simples icônes, Saïd Bouamama redonne corps et chair à ces penseurs de premier plan qui furent aussi des hommes d’action. Leurs vies rappellent en effet que la bataille pour la libération, la justice et l’égalité n’est pas qu’une affaire de concepts et de théories : c’est aussi une guerre, où l’on se fourvoie parfois et dans laquelle certains se sacrifient. S’il ne cache pas son admiration pour ces figures rebelles, dont la plupart moururent effectivement au combat, Saïd Bouamama n’en fait pas des martyrs absolus : la pensée en action est toujours située, incertaine, inachevée.
C’est pourquoi ce livre s’attache, avec beaucoup de pédagogie, à inscrire ces parcours dans leurs contextes sociaux, géographiques et historiques. On comprend mieux dès lors comment ces hommes, qui ne vécurent pas tous sur le continent africain, mais furent tous confrontés à l’acharnement des puissances impériales, cherchèrent les armes pour sortir l’Afrique de la nuit coloniale et faire émerger une nouvelle universalité.
À l’heure où l’on se demande comment avoir prise sur le monde, ce portrait politique collectif rappelle qu’il a toujours été possible, hier comme aujourd’hui, de changer le cours des choses.

Collection : Hors Collection ZONES
Parution : février 2014
Prix : 23 €
ISBN : 9782355220371
Dimensions : 140 * 205 mm
Nb de pages : 300

Saïd Bouamama est sociologue et militant associatif. Engagé professionnellement et personnellement dans les luttes d’émancipation dans toutes leurs dimensions, il est notamment l’auteur de Les Discriminations racistes : une arme de division massive(L’Harmattan, 2010) et La France. Autopsie d’un mythe national (Larousse, 2008). Avec le Collectif Manouchian dont il est un des animateurs, il a établi un Dictionnaire des dominations de sexe, de race, de classe (Syllepse, 2012).