Fruits Rouges

Vandana Shiva : « Le libre-échange, c’est la dictature des entreprises »

SOUVERAINETÉ POPULAIRE

Vandana Shiva : « Le libre-échange, c’est la dictature des entreprises »

(4 JUILLET 2011)

Entretien par  AGNÈS ROUSSEAUX,

Voir la vidéo de NADIA DJABALI sur le site de Basta!

Écrivain, physicienne, prix Nobel alternatif, la militante écologiste indienne Vandana Shiva est une résistante infatigable contre les entreprises qui pillent son pays, comme Monsanto. Elle pose un regard lucide sur les enjeux de la période : crise écologique, financière, protectionnisme, risque nucléaire, OGM… Quelle civilisation sommes-nous en train de construire ? Comment redonner du pouvoir aux citoyens face aux multinationales ? Comment construire de réelles alternatives globales ?

Si Fruits rouges choisit de publier cet entretien, ce n’est pas que nous soyons en accord (ou en désaccord…) avec le positionnement non-violent de Vandana Shiva. Pour nous chaque mouvement de résistance est le mieux à même de juger quels moyens d’action il doit employer. C’est la justesse des combats, la détermination et le nombre qui donnent une chance aux peuples de l’emporter sur l’oligarchie. Quoiqu’il en soit nous partageons avec Vandana Shiva sa redéfinition de la souveraineté.

Basta ! : Les combats que vous menez sont liés à la souveraineté – alimentaire, sur les terres, l’eau, les semences. Qu’est-ce que la souveraineté ? En quoi est-ce un enjeu majeur du 21e siècle ?

Vandana Shiva : La redéfinition de la notion de « souveraineté » sera le grand défi de l’ère post-globalisation. La mondialisation était fondée sur l’ancienne notion de souveraineté, celle des États-nations héritée de la souveraineté des monarques et des rois. La nouvelle notion de souveraineté est le fondement de la résistance à la mondialisation. Cette résistance se traduit par le slogan : « Le monde n’est pas une marchandise.  » Actuellement, les Grecs disent : « Notre terre n’est pas à vendre, nos biens ne sont pas à vendre, nos vies ne sont pas à vendre. » Qui parle ? Les peuples. Revendiquer la souveraineté des peuples est la première étape de la souveraineté alimentaire, de l’eau ou des semences. Mais il y a une seconde partie : les peuples revendiquent le droit de protéger la Terre, et non celui d’abuser d’elle comme d’autres la maltraitent. Ainsi la souveraineté des terres, des semences, des rivières rejoint la souveraineté des peuples. Avec la responsabilité de protéger ce cadeau de la Terre et de le partager équitablement. Lire la Suite