Fruits Rouges

Le dogme de l’infaillibilité démocratique par Guillaume DE ROUVILLE

Le dogme de l’infaillibilité démocratique

Cet article déjà ancien est d’une actualité consternante : nous n’avons pas avancé… (FR)

931252_248016308670246_1473538826_nComme nous le montrent les conflits en Libye et en Syrie, les démocraties occidentales peuvent instrumentaliser le terrorisme islamique avec leurs alliés d’Arabie saoudite et du Qatar, provoquer et entretenir des guerres civiles dans des pays en paix, se rendre coupables de crimes contre l’humanité pour accomplir les objectifs géostratégiques de leurs élites libérales, sans que leurs opinions publiques ne s’en émeuvent outre mesure. Cette atonie de l’opinion publique occidentale s’explique en partie par la force d’un dogme tout puissant qui structure l’idéologie démocratique et l’âme de ceux qui jouissent de ses bienfaits : le dogme de l’infaillibilité démocratique.

D’après ce dogme, la démocratie occidentale ne peut jamais mal agir. Toutes ses actions sont empruntes d’une sorte de grâce qui transforme un crime en acte héroïque, une guerre de conquête des ressources naturelles d’un pays en une épopée pour la liberté, l’asservissement de populations au libéralisme le plus dur en libération des peuples opprimés, un vote contrôlé en expression de la volonté populaire (Irak, Soudan, Libye). Lire la Suite

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Dette et Démocratie : A-t-on brisé le lien entre les deux ?

Dette et Démocratie :

A-t-on brisé le lien entre les deux ?

L’esclavage de la dette

 par Michael Hudson


Le livre V de La Politique d’Aristote décrit l’éternel cycle des oligarchies qui se transforment en aristocraties héréditaires —pour finalement être renversées par des tyrans ou se déchirer entre elles quand certaines familles décident de « mettre la multitude dans leur camp » et de réinstaurer la démocratie dont émerge à nouveau une oligarchie, suivie d’une aristocratie et ainsi de suite tout au long de l’histoire.

La dette a été la force motrice de ces évolutions —seules les stratégies changent. La dette clive la richesse en créant une classe de créanciers dont le pouvoir oligarchique est renversé par de nouveaux leaders (« tyrans » dans le vocabulaire d’Aristote) qui obtiennent le soutien populaire en supprimant la dette et en redistribuant les biens ou en gardant les profits que génèrent ces biens pour l’état. Lire la Suite

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L’indispensable surveillance citoyenne

Il est des sujets sur lesquels nous n’avons pas d’expertise. L’expertise citoyenne est aussi un moyen de dire que nous ignorons tout de la volonté politique qui anime ou n’anime pas ce qu’il est convenu d’appeler aujourd’hui le monde des décideurs. FR

L’indispensable surveillance citoyenne

Pour de nombreux citoyens, les contre-pouvoirs institutionnels (organismes publics, médias etc) paraissent suffisants pour les informer en cas de problème ; les exemples récents de scandales ou de catastrophes (« vache folle », médiator, amiante…) montrent que trop souvent ces vigies ne fonctionnent pas et que l’alerte provient finalement de citoyens isolés ou d’associations vigilantes.

L’exemple du vote électronique en général et du vote par Internet en particulier illustre bien l’écart existant entre la parole officielle et la réalité. Ainsi lors des élections prud’homales de 2008, les parisiens avaient-ils la possibilité de voter par Internet. Il y eut bien quelques alertes, mais les paroles rassurantes du ministre du travail et des prestataires, relayées par les médias, avaient permis d’éviter trop de questionnements sur la fiabilité du processus.

Nous retrouvons d’ailleurs les mêmes propos apaisants au sujet du vote par Internet utilisé lors des élections professionnelles dans l’Éducation Nationale à l’automne dernier (qui a vu un effondrement de la participation), mais également au sujet de l’élection prochaine des 11 députés des français de l’étranger Pour rassurer, sont évoqués des audits censés dissiper toute inquiétude, mais ceux-ci restent désespérément confidentiels au nom du sacro-saint secret industriel et commercial !

Un entrefilet dans un journal en ligne et quelques mots dans le rapport 2009 de la CNIL [1] ont toutefois éveillé la curiosité d’un citoyen, qui sur simple demande, a obtenu de la CNIL la délibération relative à ces élections prud’homales, délibération ayant abouti à la sanction infligée au ministère. Bien que plusieurs paragraphes aient été occultés au titre du secret industriel et commercial qui prime sur la transparence démocratique, il ressort de manière évidente à la lecture de ce document que ces élections sont loin d’avoir été parfaites tant au niveau de la sécurité que du respect des règles. Malheureusement, la décision de ne pas rendre publique cette sanction, par exemple sur le site de la CNIL, empêche la bonne information du public qui restera sur les annonces officielles du « tout s’est bien passé ».

Cet exemple illustre bien la nécessité pour les citoyens d’aller chercher par eux-mêmes l’information. Il est indispensable dans cet inexistant débat sur le vote électronique que tous les documents (audits, rapports divers et variés) soient rendus publics.

La confiance ne se décrète pas, elle se gagne, surtout en matière de démocratie. Le vote électronique, par l’abandon exigé de la surveillance directe des citoyens, nécessite une confiance aveugle envers les administrations et les politiciens qui l’imposent mais aussi dans l’informatique. Sans tomber dans la paranoïa, la lecture des journaux montre qu’il n’est pas possible d’avoir cette confiance absolue : que ce soit pour l’informatique (bugs, hackers, piratages, Anonymous etc) ou pour la classe politique (conflits d’intérêts, lobbying, affaires etc). La surveillance citoyenne reste le meilleur garant d’une démocratie vivante et apaisée.

Notes

[1Rapport 2009 de la CNIL : page 105.

Source : http://www.ordinateurs-de-vote.org/

Et pour tester le vote électronique :
http://fgouget.free.fr/evote/evote.html

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Pourquoi les États-Unis ne peuvent pas avoir de démocratie ?

Pourquoi les États-Unis

ne peuvent pas avoir

de démocratie ?

par Paul Craig Roberts

La Syrie a un gouvernement séculier tout comme l’Irak avant l’invasion américaine. Les gouvernements séculiers sont importants dans les pays arabes où il y a une division entre les sunnites et les chi’tes. Les gouvernements séculiers empêchent la population divisée de s’entre-tuer.

Lorsque l’invasion américaine, un crime de guerre en accord avec les standards établis en ce domaine au procès de Nüremberg par les Etats-Unis à la fin de la seconde guerre mondiale, renversa le gouvernement séculier de Saddam Hussein, les Irakiens sunnite et chi’ites se combattirent. La guerre civile entre irakien sauva l’invasion américaine. Quoi qu’il en soit, suffisamment de sunnites trouvèrent le temps de combattre l’occupation américaine, tant et si bien que les Etats-Unis ne furent jamais en mesure d’occuper totalement Baghdad, sans parler de l’Irak, quelle que fut l’intensité de la force employée par les troupes américaines. Lire la Suite

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Mali : une « démocratie » contre le peuple !

Mali : une « démocratie » contre le peuple !

par Pr Issa N’DIAYE

La chute brutale de ATT a mis à nu les fondements pourris de la démocratie malienne tant chantée à l’extérieur. Les populations maliennes l’avaient compris il y a belle lurette. En témoignent les taux de participation qui dégringolaient d’élection en élection. De 1991 à nos jours, à peine 20% des Maliens participent régulièrement aux élections. Depuis deux décennies, nous avons l’un des taux de participation aux élections les plus bas en Afrique. Peut-on honnêtement dans ces conditions qualifier de légitime une ‘démocratie’ autant boudée par son propre peuple?

Le coup d’Etat du 22 mars 2012 a soulevé un concert de condamnations plus ou moins sincères. Certains l’ont condamné, parce qu’ils n’étaient pas objectivement informés des réalités maliennes, victimes naïfs de la propagande orchestrée par le régime et ses soutiens extérieurs. Parmi eux des démocrates sincères qui, par conviction, n’ont jamais adhéré aux coups d’Etat militaires intervenus depuis la vague des indépendances africaines, coups d’Etat la plupart du temps inspirés et soutenus par les pays occidentaux et parmi eux surtout la France dans ses anciennes possessions coloniales. Depuis rien n’a fondamentalement changé sinon les méthodes devenues plus subtiles pour transformer des dictatures militaires en régimes ‘démocratiques’ par la magie du bulletin de vote lors d’élections visiblement tronquées mais validées avec le concours d’observateurs internationaux offrant complaisamment un certificat d’authenticité à un processus électoral auquel n’adhèrent point les populations directement concernées. Lors des dernières élections au Mali, l’ancien Président de la cour constitutionnelle  a eu  à dire qu’il n’y avait jamais eu autant de fraudes et d’irrégularités! Pourtant les résultats électoraux obtinrent le label démocratique. Cependant les Maliennes et les Maliens n’ont jamais eu autant de mépris pour leurs dirigeants et leur classe politique. Aujourd’hui les langues commencent à se délier révélant toute la puanteur d’un système basé sur le mensonge et le pillage des ressources publiques par une minorité de brigands en uniforme et en col blanc.

Quoi de plus normal qu’on s’époumone alors contre le coup d’Etat. Suffit-il de condamner un coup d’Etat pour être un démocrate alors que sa pratique quotidienne du pouvoir et de la gestion des affaires publiques est un déni de démocratie ? Est-on réellement démocrate quand on est aux côtés des dictateurs ‘démocratiquement’ élus contre leur propre peuple ? Est-on réellement démocrate quand, deux décennies durant, la pratique ‘démocratique’ du pouvoir a plongé les populations maliennes dans les affres de la misère, de l’injustice et de l’impunité. Est-ce démocratique que de l’étranger on vienne restaurer un ordre constitutionnel dont ne veut plus visiblement un peuple ? Est-il démocratique d’imposer la démocratie à coups d’intervention militaire et de menaces en tous genres ? De quelle démocratie s’agit-il ? Démocratie de la misère pour le plus grand nombre, démocratie des millionnaires et milliardaires pour une élite qui a tout volé et accaparé ? Lire la Suite

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