Fruits Rouges

La guerre civile froide ? par Jacques Sapir

La guerre civile froide ?

par Jacques Sapir

431288_10200400123185838_1277264849_sLes dernières péripéties, pour ne pas dire les galipettes, de François Hollande ont eu tendance à masquer un instant le sérieux de la situation dans le pays en ce début d’année. Il est vrai que notre Président casqué se rendant à la nuit dans le lit de sa blonde rejoue, mais sur le mode dérisoire et un peu ridicule, les grands mythes de l’Antiquité. Le fait que ce lit soit dans un appartement d’une personne liée au gang de la Brise de Mer ajoute ici ce qu’il faut de sordide à la parodie. L’important n’est cependant pas là ; mais l’important existe bien.

On peut se demander si, en France, nous ne vivons pas actuellement les prémices d’une guerre civile. Cette question, en apparence absurde, mérite cependant d’être posée à la vue des événements que l’on a connus ces dernières années. Dans une note datant de l’automne 2012, j’évoquais la possibilité de la crise de légitimité du pouvoir. Nous y sommes désormais. L’année 2014 risque fort d’être marquée par une accumulation de mouvement sociaux dont la convergence mettrait directement en cause le pouvoir. Or, la crise de légitimité a ceci de particulier qu’elle pose directement la question non pas de la politique suivie, que l’on peut en fonction de ces opinions considérer comme bonne ou mauvaise, mais du fait que le pouvoir soit habilité à mener une politique. C’est pourquoi il faut s’attendre à ce que la contestation du pouvoir puisse prendre un tour violent dans le cours de cette année. Lire la Suite

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Le Sud : Quelles alternatives ? par Samir Amin

Le Sud :

Quelles alternatives ?

Conclusions du colloque organisé à Alger du 25 au 30 septembre 2013

par Samir Amin

Le projet auquel nous voudrions contribuer est celui d’une utopie créatrice. On peut, si l’on veut donner un nom à cet avenir, à cette perspective, en anglais, dire « value based development », ou encore un développement fondé sur un corpus de valeurs morales, éthiques, sociales qui intègrent la démocratie, la liberté et l’égalité, la solidarité etc. Pour moi, cela s’appelle le « communisme », celui que Marx avait imaginé. Lire la Suite

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Procès d’un homme exemplaire : Éric Toussaint, lanceur d’alerte

Procès d’un homme exemplaire :

Éric Toussaint, lanceur d’alerte

 

Eric Toussaint

Eric Toussaint

Jacques de Groote, ex-directeur exécutif du FMI (1973-1994) et de la Banque mondiale (1975-1991) est aujourd’hui dans le collimateur de la justice suisse : il est poursuivi par la justice suisse pour « blanchiment d’argent aggravé », « escroquerie », « faux dans les titres ». L’affaire porte sur la privatisation frauduleuse d’une des principales mines de charbon de République tchèque à la fin des années 1990.

C’est l’occasion pour se pencher sur cet honorable personnage, et d’étudier comment il a utilisé ses diverses missions – notamment comme directeur du FMI et de la Banque Mondiale – pour s’enrichir éhontément, par exemple en soutenant les dictateurs Joseph-Désiré Mobutu (ex-Zaïre, aujourd’hui République démocratique du Congo) et Juvénal Habyarimana (Rwanda)… Mais au-delà des péripéties de son parcours personnel, Jacques de Groote symbolise les aspects profondément néfastes des politiques appliquées de manière méthodique par la Banque mondiale, le FMI et l’élite qui gouverne ce monde à la recherche du profit privé maximum et de la consolidation du système.

Procès d’un homme exemplaire par Eric Toussaint 

Livre-Procès88 pages – 9 € – Éditions Al Dante : www.al-dante.org – Imprimerie : Clip / Marseille, Europe. – Dépôt légal : 4e trimestre 2013 – Issn : 1626-1798 / Isbn : 978-2-84761-782-5

Avant-propos d’Aminata Traoré

Introduction par Pauline Imbach & Damien Millet

Procès d’un homme exemplaire

Épilogue

Annexes : 1/ Jacques de Groote > Chronologie 2/ Plaidoyer en 30 points contre la Banque mondiale et le FMI  3/ La Banque mondiale  4/ Le Fonds monétaire international (FMI)

Postface : Éric Toussaint, lanceur d’alerte par Jean Ziegler
Bibliographie

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Nous publions ci-dessous la postface faite par Jean Ziegler du livre d’Éric Toussaint ainsi que la présentation faite par Pauline Imbach & Damien Millet Lire la Suite

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Vandana Shiva : « Le libre-échange, c’est la dictature des entreprises »

SOUVERAINETÉ POPULAIRE

Vandana Shiva : « Le libre-échange, c’est la dictature des entreprises »

(4 JUILLET 2011)

Entretien par  AGNÈS ROUSSEAUX,

Voir la vidéo de NADIA DJABALI sur le site de Basta!

Écrivain, physicienne, prix Nobel alternatif, la militante écologiste indienne Vandana Shiva est une résistante infatigable contre les entreprises qui pillent son pays, comme Monsanto. Elle pose un regard lucide sur les enjeux de la période : crise écologique, financière, protectionnisme, risque nucléaire, OGM… Quelle civilisation sommes-nous en train de construire ? Comment redonner du pouvoir aux citoyens face aux multinationales ? Comment construire de réelles alternatives globales ?

Si Fruits rouges choisit de publier cet entretien, ce n’est pas que nous soyons en accord (ou en désaccord…) avec le positionnement non-violent de Vandana Shiva. Pour nous chaque mouvement de résistance est le mieux à même de juger quels moyens d’action il doit employer. C’est la justesse des combats, la détermination et le nombre qui donnent une chance aux peuples de l’emporter sur l’oligarchie. Quoiqu’il en soit nous partageons avec Vandana Shiva sa redéfinition de la souveraineté.

Basta ! : Les combats que vous menez sont liés à la souveraineté – alimentaire, sur les terres, l’eau, les semences. Qu’est-ce que la souveraineté ? En quoi est-ce un enjeu majeur du 21e siècle ?

Vandana Shiva : La redéfinition de la notion de « souveraineté » sera le grand défi de l’ère post-globalisation. La mondialisation était fondée sur l’ancienne notion de souveraineté, celle des États-nations héritée de la souveraineté des monarques et des rois. La nouvelle notion de souveraineté est le fondement de la résistance à la mondialisation. Cette résistance se traduit par le slogan : « Le monde n’est pas une marchandise.  » Actuellement, les Grecs disent : « Notre terre n’est pas à vendre, nos biens ne sont pas à vendre, nos vies ne sont pas à vendre. » Qui parle ? Les peuples. Revendiquer la souveraineté des peuples est la première étape de la souveraineté alimentaire, de l’eau ou des semences. Mais il y a une seconde partie : les peuples revendiquent le droit de protéger la Terre, et non celui d’abuser d’elle comme d’autres la maltraitent. Ainsi la souveraineté des terres, des semences, des rivières rejoint la souveraineté des peuples. Avec la responsabilité de protéger ce cadeau de la Terre et de le partager équitablement. Lire la Suite

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Souveraineté et Nation par Jacques Sapir

Souveraineté et Nation

par Jacques Sapir

À propos d’un article de Frédéric LORDON, (reproduit ici) et en attendant le 14 juillet. 

Frédéric LORDON vient de publier un texte important[1] où il aborde la question essentielle de la souveraineté mais aussi celle tout aussi essentielle de la Nation. On voit immédiatement l’enjeu de ce texte, et des interrogations auxquelles il cherche à répondre, dans le contexte de la crise de l’Euro, mais aussi, plus généralement, de la crise de l’idée européenne engendrée par les efforts de ceux qui se proclament les plus ardents défenseurs de l’Union européenne. Ces questions ont aussi été abordées dans le livre qu’a dirigé Cédric Durand[2], et j’invite les lecteurs de ce carnet de se reporter au débat que j’ai eu avec lui dans des notes précédentes[3]. Lire la Suite

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