Fruits Rouges

Gaz et Stratégie du Choc en Ukraine (The Guardian) par Noemie Klein

Gaz et Stratégie du Choc en Ukraine

(The Guardian)

par Noemie Klein

 

ob_9cc71e_climate-change-jpgDu changement climatique à l’Ukraine, l’industrie du gaz naturel est sans égale, lorsqu’il s’agit d’exploiter une crise à son profit – elle applique ce que j’appelle la stratégie du choc.

 

Article publié par Naomi Klein dans The Gardian du jeudi 10 avril 2014, traduit par Hervé Le Gall, publié en français le 22 avril par Echoes.over-blog.com.

 

Pour vaincre Vladimir Poutine, il suffirait d’inonder le marché européen de gaz-naturel-extrait-aux-États-Unis-par-fracturation-hydraulique, du moins l’industrie aimerait-elle nous le faire croire. Deux projets de loi, qui viennent d’être présentés au Congrès des États-Unis – l’un devant la Chambre des Représentants (H.R. 6), l’autre devant le Sénat (H.R. 2083) – apportent leur contribution à l’escalade de l’hystérie antirusse ; ils ont pour objectif d’autoriser les exportations de gaz naturel liquéfié (GNL) à l’issue d’un examen en procédure accélérée, au nom de l’aide qu’il conviendrait d’apporter à l’Europe, pour lui permettre de ne plus dépendre des énergies fossiles de Poutine, tout en renforçant la sécurité nationale des États-Unis. Lire la Suite

Crise Syrienne : quand les démocraties fabriquent des monstres pour les gouverner par Jean-Paul Pougala

Crise Syrienne :

quand les démocraties fabriquent des monstres pour les gouverner

par Jean-Paul Pougala

Quand les Africains ont eu à subir l’arrogance du président français Nicolas Sarkozy dans les crises ivoirienne et libyenne, nous croyions avoir touché le fond du délire de l’incompétence et de la bêtise humaine.

Avec la crise syrienne, on arrive presque à regretter Nicolas Sarkozy.
Avant d’aller bombarder en Côte d’Ivoire et en Libye, il a pour le moins pris la peine d’avoir l’aval des Nations Unies, allant jusqu’à convaincre les Africains à voter avec lui et convaincre les Russes et les Chinois de s’abstenir.

Le monde entier avait pris le président américain George Bush pour un fou sanguinaire, pour sa décision de se passer des Nations Unies pour aller détruire l’Irak et perdre 6000 militaires américains. Mais à la décharge de monsieur Bush, on peut lui concéder le fait qu’il n’avait pas de précédent d’une telle erreur monumentale de laquelle s’inspirer. Bush croyait que lorsqu’on a plus d’armes que son ennemi, on le bat en guerre. Il ne savait pas que les guerres modernes ne se gagnent plus comme les anciennes guerres du XXème siècle, avec l’armistice et la reconnaissance du perdant de payer même les frais de guerre du gagnant. Bush ne savait pas que dans les guerres modernes, il n’est pas possible de savoir qui est le vrai vainqueur des guerres, mais on sait qui est le perdant, celui qui a pris l’initiative de la faire.
François Hollande, mûri de l’expérience de Bush et de Sarkozy, s’est finalement découvert une vocation : VA-T-EN GUERRE. Lire la Suite

« Oui mais quand même, la religion, c’est mal » Montée de l’islamophobie et banalisation du fémonationalisme par Mona Chollet

« Oui mais quand même,

la religion, c’est mal »

Montée de l’islamophobie

et banalisation du fémonationalisme

par Mona Chollet

Relayer l’information de la énième agression d’une femme voilée, ou les propos haineux tenus sur l’islam par la représentante d’une organisation pseudo-féministe, revient immanquablement à emboucher l’appeau à trolls religiophobes. Que des femmes soient insultées et tabassées, que le féminisme serve de leurre pour répandre et banaliser le racisme le plus crasse, tout cela, le/la religiophobe s’en moque : dans un pays où médias et politiques, de façon plus ou moins insidieuse, désignent à longueur de temps les musulmans comme la cause de tous les maux de la société, son seul sujet d’anxiété est que son droit à « critiquer la religion » soit garanti. Pour l’exprimer, il usera de subtiles gradations dans la virulence, de la simple protestation à l’éructation scatologique probablement censée traduire la hauteur à laquelle il plane dans l’éther philosophique inaccessible aux benêts qui voient du racisme partout : « Moi, je chie sur toutes les religions. »

Notez bien la perle argumentative que recèle cet étron déclaratif : il a dit « toutes les religions ». Ha, ha ! Vas-y, accuse-le de racisme maintenant ! Quand il défend les Femen ou les dessinateurs de Charlie Hebdo, le religiophobe fait valoir qu’ils ne peuvent pas être racistes, puisqu’ils s’en prennent autant aux cathos ou aux orthodoxes qu’aux musulmans : CQFD. Inutile d’aller lui expliquer que les religions ne sont pas de simples systèmes métaphysiques flottant dans la stratosphère, et qu’elles sont indissociables des populations qui s’en réclament ou qu’on y associe, de la culture, de la politique, de l’histoire, des rapports de domination entre groupes sociaux. Inutile de lui expliquer que s’en prendre à l’islam, religion pratiquée par des gens qu’il connaît mal, dont les ancêtres ont été colonisés par ses propres ancêtres, et qui sont discriminés dans la société française, ce n’est pas exactement la même chose que de critiquer la religion catholique, depuis toujours liée au pouvoir en France, et dont il a pu expérimenter à ce titre la nocivité dans sa propre histoire (idem pour la religion orthodoxe en Ukraine, patrie des Femen). Lire la Suite

Le dogme de l’infaillibilité démocratique par Guillaume DE ROUVILLE

Le dogme de l’infaillibilité démocratique

Cet article déjà ancien est d’une actualité consternante : nous n’avons pas avancé… (FR)

931252_248016308670246_1473538826_nComme nous le montrent les conflits en Libye et en Syrie, les démocraties occidentales peuvent instrumentaliser le terrorisme islamique avec leurs alliés d’Arabie saoudite et du Qatar, provoquer et entretenir des guerres civiles dans des pays en paix, se rendre coupables de crimes contre l’humanité pour accomplir les objectifs géostratégiques de leurs élites libérales, sans que leurs opinions publiques ne s’en émeuvent outre mesure. Cette atonie de l’opinion publique occidentale s’explique en partie par la force d’un dogme tout puissant qui structure l’idéologie démocratique et l’âme de ceux qui jouissent de ses bienfaits : le dogme de l’infaillibilité démocratique.

D’après ce dogme, la démocratie occidentale ne peut jamais mal agir. Toutes ses actions sont empruntes d’une sorte de grâce qui transforme un crime en acte héroïque, une guerre de conquête des ressources naturelles d’un pays en une épopée pour la liberté, l’asservissement de populations au libéralisme le plus dur en libération des peuples opprimés, un vote contrôlé en expression de la volonté populaire (Irak, Soudan, Libye). Lire la Suite

Honte à ceux qui font de l’antisémitisme leur fond de commerce ! par Pierre Stambul

Honte à ceux qui font de l’antisémitisme
leur fond de commerce !

par Pierre STAMBUL

Des officines zélées (CRIF, BNVCA* …) ont pris l’habitude de dégainer instantanément pour faire taire toute critique de la politique israélienne.

 

Une propagande bien rodée

Vous vous réclamez du droit international, vous revendiquez l’égalité des droits pour les Palestiniens ? Vous êtes antisémites.

Vous dénoncez l’occupation et la colonisation ? Vous êtes antisémites.

Vous n’acceptez pas l’expulsion du peuple palestinien de son propre pays en 1948-49 et vous êtes pour le droit au retour des réfugiés palestiniens ? Vous voulez « jeter les Juifs à la mer » et vous êtes antisémites.

Le tribunal Russell sur la Palestine utilise les mots justes pour qualifier ce qui est à l’œuvre : apartheid, sociocide … ? Ce tribunal est bien sûr antisémite. Lire la Suite